Il n’y a pas que le savoir, il y a aussi le faire

15. février 2018

A l’âge de 26 ans, le boucher-charcutier Marco Müller est parfaitement conscient qu’une carrière réussie ne doit pas toujours passer par des études. Ce jeune homme déterminé s’est lancé comme enfant déjà dans un élevage de lapins, et aujourd’hui il travaille comme chef d’exploitation d’une boucherie-charcuterie. Son prochain objectif est le diplôme de maîtrise.

#Histoires de réussite

Marco Müller, aujourd’hui 26 ans et chef d’exploitation de la boucherie-charcuterie Lehmann dans la commune fribourgeoise d’Ueberstorf, a déjà atteint jusqu’ici tout ce qu’on peut atteindre à son âge sur le plan professionnel: apprentissage de boucher-charcutier terminé avec la moyenne de 5,6 et Champion suisse des jeunes bouchers-charcutiers (2010), Vice-champion d’Europe des jeunes bouchers-charcutiers (2012), brillante réussite à l’examen professionnel de spécialiste en gestion d’entreprise (2015) et à l’examen professionnel de chef d’exploitation économie carnée (2017). Pour 2018 il s’est fixé pour objectif le diplôme de maîtrise et, avant son trentième anniversaire, il aimerait pouvoir gérer sa propre boucherie-charcuterie en indépendant.

Il a grandi à Thoune où sa famille tient une boucherie-charcuterie et il a très tôt déjà fait preuve de sa veine entrepreneuriale. A 8 ans il élevait des lapins dans le garage de son père à qui il les vendait. Et lorsque la croissance de son «entreprise» a dépassé les capacités de la boucherie-charcuterie familiale, il s’est adressé à d’autres boucheries. A aucun moment le père n’a exercé aucune obligation ni pression sur ses deux fils et sa fille pour qu’ils reprennent la boucherie-charcuterie familiale.

«Nous surestimons le savoir et sous-estimons le faire!»

A 15 ans, à la fin de l’école secondaire et en raison de ses résultats scolaires, le jeune Marco Müller avait le choix pour toutes les ouvertures professionnelles. Mais une chose était claire pour lui. Pour quelqu’un qui, comme il le dit lui-même, place le faire clairement au-dessus de l’acquisition de connaissances souvent vidées de sens, le passage au gymnase n’était pas une option. Mais il était tout aussi évident que, selon sa propre nature, il ne se lancerait pas non plus dans une voie facile. Il n’était pas question d’un apprentissage dans la boucherie-charcuterie familiale; il voulait élargir son horizon, de sorte qu’il a choisi d’aller se former dans une petite exploitation où il pouvait tout faire, depuis l’achat du bétail jusqu’à la fabrication des produits finaux. Avant d’avoir 30 ans, son plan est de pouvoir mener sa propre affaire et, comme il le dit, être lui-même responsable de son salaire. C’est dans cette optique qu’il voit son poste actuel de chef d’exploitation comme la répétition générale de son grand objectif.

Il ne reste plus qu’à demander encore une fois, pourquoi tout cela? Assurément, tout tourne autour de la passion mentionnée pour les denrées alimentaires, la cuisine et les conseils de cuisine aux clients, ainsi que le défi de placer le faire comme élément central d’un métier prometteur. Mais laissons donc Marco Müller nous le dire lui-même: «Le job comprend bien plus que ce que le public peut s’imaginer. Avec une bonne saucisse par exemple, on peut gagner le cœur des gens. Ce qui n’est pas possible avec des oursons en gomme.» De cela, ainsi que de l’estime qu’il reçoit de ses clients, il se dit fier. Il retire ainsi satisfaction de son activité qui a un vrai sens.